Un week-end d’intégration ou une soirée BDE réussie, c’est aussi une soirée où chacun peut boire un verre sans craindre qu’on y ait glissé quelque chose. Le guide 2024 du ministère de l’Enseignement supérieur consacre un chapitre entier à la soumission chimique et donne des mesures concrètes : protège-verres, boissons servies fermées, espace calme, réflexe 15/17. Ce guide vous aide à les mettre en place, avec une checklist à partager à votre équipe.
TL;DR : Le cadre existe : la charte de 2018 sur les événements festifs et d’intégration, et le guide ministériel 2024 avec son chapitre sur la soumission chimique. Les mesures qui comptent : protège-verres, boissons servies dans leur contenant d’origine, équipe de prévention formée, espace calme, numéros d’urgence affichés, verre suspect mis de côté. Crous et FAGE distribuent déjà des protège-verres. Des bandelettes de test peuvent compléter ce dispositif au stand de prévention, à condition de rappeler qu’un résultat négatif n’est pas une garantie.
Pourquoi la rentrée compte
La saison des WEI, des soirées d’intégration et des galas concentre des événements festifs, souvent avec de l’alcool et beaucoup de nouveaux visages. Les chiffres de l’addictovigilance montrent que le cadre festif pèse lourd : dans l’enquête ANSM 2022, 46,9 % des cas retenus concernaient une prise de substance en contexte festif, et pour la première fois ce cadre arrivait en tête des soumissions chimiques vraisemblables (43,9 %). Parmi les signalements de verres drogués sans agression ensuite, l’âge moyen était de 22 ans, et 85,5 % des personnes avaient entre 18 et 30 ans (rapport ANSM 2022).
Le rapport au Gouvernement de Sandrine Josso et Véronique Guillotin (12 mai 2025) recommande d’ailleurs une campagne annuelle auprès de tous les étudiants à partir de l’année universitaire 2025-2026 (recommandation n° 8), y compris sur les fêtes étudiantes.
Le cadre : charte de 2018 et guide ministériel 2024
La charte des événements festifs et d’intégration étudiants, signée le 10 octobre 2018 par le ministère, les organisations étudiantes, les conférences d’établissements, le CNOUS et les recteurs, fixe les principes : prévention, réduction des risques, lutte contre le bizutage (MILDECA).
Le guide 2024 « Les événements étudiants festifs et d’intégration » (PDF du ministère) comporte un chapitre « La soumission chimique ». Il recommande notamment :
- de garder son verre à l’œil et d’utiliser une protection (protège-verres) ;
- de servir les boissons dans leur contenant d’origine ;
- d’aménager un espace de repos au calme ;
- d’appeler le 15 ou le 17 en cas de doute ;
- en cas de suspicion, de faire réaliser une analyse toxicologique, ou au moins des prélèvements conservatoires.
Le guide ne parle pas de tests de verre. Si vous en proposez, ils viennent en plus de ces mesures, pas à leur place.
Ce que font déjà Crous et associations
Vous n’êtes pas seuls, et vous pouvez vous appuyer sur des dispositifs existants :
- FAGE : la fédération indique avoir distribué 7 500 protège-verres lors d’événements, financés par la MACIF, et intègre la soumission chimique à ses formations « personnes de confiance » et « événement responsable » (fage.org). Selon le rapport Josso/Guillotin, la formation « personnes de confiance » dure 6 heures et aborde la soumission chimique depuis 2022.
- Crous de Versailles : dans son bilan CVEC 2023, il a acheté pour 23 986 euros de protège-verres de fabrication française, distribués gratuitement sur les stands de prévention de tous ses campus (Crous de Versailles).
- Avenir Santé, « Monte ta soirée » : la boîte à outils conseille aux organisateurs de fournir des protège-verres et d’en faire la promotion (montetasoiree.com).
Le rapport au Gouvernement mentionne aussi un plan du ministère finançant des associations à hauteur de 1,2 million d’euros par an (60 associations soutenues). Renseignez-vous auprès de votre Crous, de votre établissement et de votre fédération avant de tout financer vous-mêmes.

La checklist organisateurs
Avant l’événement
- Relire la charte de 2018 et le chapitre « soumission chimique » du guide ministériel avec le bureau.
- Nommer une équipe de prévention identifiable (t-shirts, brassards), avec au moins deux personnes sobres par créneau.
- Former l’équipe : signes d’alerte, conduite à tenir, numéros d’urgence (formation FAGE, service de santé étudiante, associations de prévention).
- Commander des protège-verres en quantité suffisante et prévoir des boissons servies fermées ou ouvertes au bar.
- Prévoir un espace calme accessible, avec eau et encadrement.
- Préparer l’affichage : 15, 17, 112, 114 par SMS, 3919, et le point de rendez-vous de l’équipe de prévention.
- Organiser les retours : navettes, horaires de transport, règle « on arrive ensemble, on repart ensemble ».
- Informer les participants avant l’événement (message, réseaux du BDE) des mesures prévues.
Pendant l’événement
- Stand de prévention visible dès l’entrée, avec protège-verres et, si vous en proposez, bandelettes de test en libre accès.
- Rappeler au micro, au moins une fois, les consignes et l’emplacement du stand.
- Équipe du bar attentive aux verres laissés sans surveillance et aux boissons offertes avec insistance.
- Rondes régulières de l’équipe de prévention, y compris aux abords (parking, toilettes, sorties).
Si une personne semble droguée
- La mettre à l’abri avec deux membres de l’équipe, ne jamais la laisser seule ni la laisser partir seule.
- Appeler le 15 ou le 112 en cas de somnolence, vomissements ou respiration difficile.
- Garder son verre de côté sans le vider et noter l’heure des premiers signes.
- Lui transmettre les ressources : notre guide victime ou témoin : que faire dans l’heure qui suit (numéros, prélèvements, analyses sans plainte dans trois régions).
Après
- Débriefer avec l’équipe, sans données personnelles inutiles.
- Transmettre les incidents à l’établissement selon ses procédures, et orienter vers les dispositifs de signalement.
Et les tests de verre ?
Le rapport au Gouvernement met en garde contre les kits de détection vendus au public, jugés sans garantie, notamment à cause du risque de faux négatifs. Nous présentons ses arguments et les études en détail dans Tester son verre : ce qu’un test peut faire (et ce qu’il ne peut pas).
Si votre association choisit malgré tout d’en proposer, voici comment le faire de façon responsable :
- En complément des protège-verres et de l’équipe de prévention, jamais à leur place.
- Avec un message clair au stand : la bandelette DrinkCheck vérifie six substances (GHB, kétamine, scopolamine, cocaïne, méthamphétamine, amphétamine) en une quinzaine de secondes, mais ne détecte pas les médicaments sédatifs et un résultat négatif n’est pas une garantie.
- Avec une règle simple : verre suspect ou résultat douteux, on ne boit pas ; personne qui se sent mal, on la prend en charge quel que soit le résultat.
Équiper votre événement
Pour une soirée en bar ou un petit événement, quelques bandelettes au stand suffisent : vous pouvez les commander directement sur la page produit DrinkCheck, avec des tarifs dégressifs selon la quantité.
Pour un WEI, un gala, un festival étudiant ou un équipement de toute l’année pour votre BDE, votre fédération ou votre établissement, nous proposons une offre dédiée à partir de 500 tests. Décrivez votre projet (format, nombre de participants, dates) via le formulaire de la page grossiste et nous revenons vers vous avec une proposition.
L’essentiel
- Le cadre existe : charte de 2018 et guide ministériel 2024 avec un chapitre soumission chimique.
- Priorités : protège-verres, boissons servies fermées, équipe de prévention formée, espace calme, numéros affichés.
- Crous, FAGE et Avenir Santé proposent déjà ressources, formations ou protège-verres : sollicitez-les.
- Un test de verre peut compléter le stand de prévention, jamais remplacer la vigilance ni la prise en charge.
Cet article informe les organisateurs et ne remplace pas les consignes de votre établissement ni un avis juridique. En cas d’urgence, appelez le 15, le 17 ou le 112. Sources consultées le 23 septembre 2026.